AMOPA : message de la Présidente

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ASSOCIATION DES MEMBRES
DE L'ORDRE
DES PALMES ACADEMIQUES
RECONNUE D'UTILITE PUBLIQUE
(décret du 26-9-68)
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Siège
Ministère de l'Education nationale
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Secrétariat
30 avenue Félix Faure- 75015 PARIS
Tél : 01 45 54 50 82
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La Présidente
Paris 6 février 2009



              à
              Mesdames les présidentes
              et Messieurs les présidents
              des sections de l'AMOPA





Chère Madame la présidente, cher Monsieur le président

       Lors du deuil cruel qui vient de me frapper, vous avez bien voulu me témoigner votre vive sympathie avec une gentillesse et une délicatesse dont je vous suis profondément reconnaissante. Vous vous êtes associés avec empressement à ma très douloureuse épreuve soulignant combien le départ du président qui était non seulement un être lumineux, riche d'intelligence, mais aussi un très grand cœur, vous avait émus. Vous m'avez écrit de toutes les parties du monde, me disant la gratitude et l'admiration que vous lui portiez pour avoir fait de l'AMOPA une association de grande notoriété, à rayonnement national et international, ainsi qu'une grande famille soudée par le même idéal, et où régnait toujours une atmosphère chaleureuse de gaîté, d'amitié, d'humanisme et de passion pour la culture.

       Dans les semaines qui ont suivi le départ du président, le bureau de l'AMOPA s'est réuni à plusieurs reprises et je tiens à remercier très profondément M. Raymond Ravenel, vice-président de l'AMOPA qui, en cette période difficile, en a pris les rênes, assurant l'intérim de la présidence avec autant de compétence, de précision et de sûreté que de dévouement sans borne. Le bureau national s'est entretenu du nom du candidat qu'il devait proposer au Conseil d'administration pour la présidence et a décidé de présenter et soutenir ma candidature. Il a pensé que la complicité tendre et sans faille qui m'unissait à mon mari, la connaissance que j'avais de l'AMOPA, mon expérience de son fonctionnement, me désignaient naturellement pour ce poste. Après un vote à bulletins secrets, les membres du Conseil d'administration ont retenu cette proposition et m'ont élue présidente.

       J'ai beaucoup hésité avant d'accepter cet honneur qui est une très lourde charge. Si j'ai finalement accepté, c'est pour répondre à ce qui m'a semblé être un devoir. Un devoir envers un amour et un passé qui me sont extrêmement précieux, envers vous tous, chers amis et correspondants nombreux, qui m'avez demandé de prendre la suite de mon mari pour assurer la pérennité de l'esprit de l'association. C'est aussi pour continuer à servir l'AMOPA à laquelle, vous le savez, nous avions, tous deux, voué un engagement total.

       J'assumerai de mon mieux les fonctions d'incitation, d'animation et de coordination, qu'exige ma nouvelle tâche mais je sais que je ne pourrai la mener à bien qu'avec l'appui des hautes autorités du pays qui ne nous ont jamais manqué, grâce aux membres du bureau national, du conseil d'administration, du secrétariat, grâce à chaque Amopalien, et à vous tous, présidentes et présidents de section dont j'admire le travail remarquable accompli aussi bien à Paris que dans les départements et à l'étranger. La mémorable "Année du Bicentenaire" que nous venons de vivre et dont le président Treffel était si fier, a montré éloquemment l'extraordinaire richesse de votre imagination, votre énergie, votre dynamisme, votre disponibilité, vos innombrables talents pour ne pas parler, en certains cas, de votre génie.

       De tout cœur, je vous remercie de la confiance que vous m'avez déjà manifestée et que vous me témoignerez encore. Jacques Treffel nous a laissé un joyau rare, avec l'AMOPA. Ensemble nous la maintiendrons au haut rang où il l'a hissée et ferons qu'elle continue à rester ce qu'elle est et plus encore, s'il est possible.

       Croyez, chère Madame la présidente, cher Monsieur le président, avec mes vifs remerciements, à mon entier dévouement et à ma fidèle amitié.

Marguerite-Marie Treffel

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HOMMAGE AU PRÉSIDENT

Allocution prononcée le 1er octobre 2008 par M. Xavier Darcos, ministre de l’Education nationale, lors de l’élévation à la dignité de grand officier de l’ordre national du Mérite de l’inspecteur général Jacques Treffel qui vient de décéder subitement à Paris, le 7 décembre dernier.
Jacques Treffel (1922-2008)
Grand serviteur de l’Etat,
Homme d’action, d’imagination, d’union.




1956-1972 Inspecteur d’académie, de la Charente, du Nord, de Paris
1973-1974 Directeur du cabinet du Secrétaire d’Etat à l’Education nationale
1974-1980 Doyen d’inspection générale
1980-1981 Directeur de la Prospective et des Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication
1986-1988 Secrétaire général de la Cité internationale universitaire de Paris
1990-2007 Membre de section du Conseil Economique et Social et du CESR d’Ile-de-France
1980-2008 Membre de l’Académie d’architecture
1986- 2008 Correspondant de l’Institut de France
1973-2008 Président de l’Association des Membres de l’Ordre des Palmes Académiques (AMOPA)

Commandeur de la Légion d’honneur
Grand-officier de l’Ordre national du Mérite
Commandeur des Palmes académiques
Commandeur de l’ordre d’Alphonse X le sage
Commandeur de l’ordre national de la Côte d’Ivoire


Le 1er octobre 2008, dans les salons du ministère de l’Education nationale, ancien hôtel de Rochechouart, M. le ministre Xavier Darcos, élevait M. l’inspecteur général Jacques Treffel, déjà commandeur de la Légion d’honneur, du Mérite et des Palmes académiques, à la dignité de Grand officier dans l’ordre national du Mérite.
Le ministre soulignait avec humour, l’honneur exceptionnel qui lui incombait en ce jour, ainsi que la rareté d’une pareille dignité. Mais ajoutait-il aussitôt « C’est parce que, vous le savez tous, j’éprouve pour Jacques Treffel, un profond respect et un indéfectible attachement ».
Puis, fidèle à la tradition, le ministre décrivait la carrière exceptionnelle du récipiendaire qui, pendant toute sa carrière et près de 28 ans après l’âge de la retraite, servit avec un désintéressement exemplaire et une énergie intacte la cause de la jeunesse et de la transmission des savoirs à laquelle il avait voué son existence.

Il rappela que Jacques Treffel était originaire de Cahors où il naquit en 1922. Il se destina très jeune à une carrière scientifique qu’il poursuivit jusqu’au prestigieux concours de l’agrégation de sciences biologiques. Professeur au lycée Malherbe de Caen puis au lycée Carnot de Paris, très vite son sens élevé des responsabilités et sa connaissance du système éducatif le conduisirent à devenir en 1956, Inspecteur d’académie-adjoint du Nord, avant d’être nommé inspecteur d’académie de la Charente en 1959, puis de regagner en 1962, l’énorme département du Nord, comme inspecteur d’académie à part entière. Il y accomplit une tâche gigantesque concrétisée par un nombre considérable de constructions scolaires, une nouvelle inspection académique et d’innombrables écoles, collèges et lycées. Il avait, dès cette époque, réfléchi à une meilleure architecture, mieux adaptée aux besoins du temps, et à une nouvelle pédagogie appelée « Tiers-temps pédagogique ». L’enseignement était divisé en trois temps égaux pour le corps, le coeur et l’esprit. Il faisait une large part à l’art sous toutes ses formes : musique, chant, danse, peinture, sculpture, théâtre, poésie, littérature...
Inspecteur d’académie de Paris en 1968, il devient inspecteur général de l’Education nationale en 1972 et est très vite repéré par M. Jacques Limouzy dont il devient le directeur de cabinet quand celui-ci accède en 1973 (gouvernement Pierre Messmer) aux fonctions de Secrétaire d’Etat à l’Education nationale, auprès de Joseph Fontanet.
De retour à l’inspection générale en 1974, il s’occupe de l’organisation scolaire dans les académies de Bordeaux, Toulouse et Montpellier placées sous l’autorité des recteurs Babin, Chalin et Richard.
Auprès du ministre M. René Haby, il devient Doyen de l’Inspection générale des Missions particulières. En 1980, à l’époque de l’informatique naissante, M. le ministre Christian Beullac et son conseiller spécial M. le préfet Paul Camous lui demandent de prendre, au ministère de l’Education nationale, la direction de la Prospective et des Nouvelles technologies de l’information et de la communication. Il met alors en place la définition d’ordinateurs spécifiques pour l’enseignement, encourage la création de didacticiels, s’intéresse à la pédagogie cognitive et établit un immense réseau de « formation de formateurs » qui permettra rapidement à notre pays de devenir très performant dans ce domaine.
En 1981, il prend en charge la présidence du Groupe d’Etudes des Marchés Publics, Groupe GPEM/AB) établissant des cahiers des charges précis et rédigeant de nombreuses publications rassemblant conseils et recommandations destinés aux fabricants, dans un souci d’économie, d’efficacité et de fonctionnalité.
Aussi compétent en pédagogie qu’en technique économique, esprit d’une curiosité universelle, travailleur acharné, il devient en 1994, Membre de la section Prospective et Planification du Conseil économique et social où il produit un rapport sur « Les Technopoles ». Ce rapport est appliqué dans plusieurs grandes métropoles qui ont mis en oeuvre ses préconisations concernant un plus grand et plus efficace rapprochement de la Recherche universitaire et de l’entreprise privée. Il fut aussi membre de la section des Personnalités qualifiées du CESR d’Ile- de- France, dont M. J-C Boucherat est président.

Dans son discours pétri d’humour, de grande et sincère amitié, M. Xavier Darcos se plût à souligner que, l’heure de la retraite ayant sonné, M. Jacques Treffel ne ralentit guère le rythme de ses activités. Bien au contraire. Il fut de 1986 à 1989, délégué général de la Cité internationale universitaire de Paris, accueillant plus de 5000 étudiants de toutes origines et comptant dans un immense parc, boulevard Jourdan, une quarantaine de maisons de pays différents, chacune évoquant par son architecture, sa terre d’origine et ayant son statut propre. Il fonda, entre autres, un orchestre de jeunes étudiants. Il découvrit les richesses de l’International, et s’adonna aussi à cette tâche ardue, avec passion.
L’orateur rappela qu’entre 1990 et 2003, Jacques Treffel fut Délégué du Médiateur de la République pour Paris. Tâche requérant du responsable le plus total dévouement, un sens de l’écoute, une générosité et une aptitude à trouver des solutions imaginatives vraiment hors du commun.
Ces activités innombrables amenèrent Jacques Treffel connu pour son immense bienveillance, sa fermeté, mais aussi la fécondité de son imagination, à nouer des liens avec l’élite intellectuelle du pays. C’est ainsi qu’il devient membre de l’Académie d’architecture et correspondant de l’Institut de France, académie des Beaux-Arts. Il siégeait aussi au conseil scientifique de Canal-Académie, la radio de l’Institut de France que préside avec tant de dynamisme, M. le président Jean Cluzel.

Pour finir, le ministre M. Xavier Darcos souligna l’une des oeuvres majeures de Jacques Treffel : la promotion et le développement de l’Association des Membres de l’Ordre des Palmes académiques (L’AMOPA) dont il prit la présidence en 1973 et dont il sût faire la première association culturelle de France, actuellement forte de près de 30 000 membres. Il lui fixa des objectifs élevés en faveur de l’éducation de la jeunesse et de la langue française, fit distribuer de nombreux Prix et Bourses d’études et s’attacha à la défense de nobles idéaux comme l’aide intellectuelle et culturelle aux pays où la langue française est encore enseignée, étudiée, comprise et parlée. Il donna un prestige inégalé à la décoration des Palmes académiques qui récompense les meilleurs des maîtres. Il réunit, souvent en Sorbonne, où ils étaient accueillis grâce à la grande gentillesse du recteur de l’académie, chancelier des universités de Paris, de vastes auditoires qui avaient ainsi l’avantage d’entendre les esprits les plus éclairés et les mieux informés de notre temps. Cela, dans une atmosphère de gaîté et de convivialité inégalée qui faisait de l’AMOPA une grande et belle famille dont la devise était « Servir et Partager ». Il donna une dimension internationale à l’association qu’il avait dotée d’une revue trimestrielle du plus haut niveau et du plus grand intérêt. Il avait fait célébrer avec éclat tout au long de cette année 2008, le bicentenaire des Palmes académiques, crées en 1808 par Napoléon 1er. Grâce à lui, l’AMOPA fait briller l’excellence scolaire et universitaire françaises partout dans le monde.

« Au moment de vous élever à la dignité de grand-officier dans l’ordre national du Mérite, conclut le ministre, je veux vous exprimer, cher Jacques Treffel, la reconnaissance de l’Education nationale tout entière. Si les Palmes académiques aujourd’hui bicentenaires, soulignent toujours la primauté du savoir sur toute autre préoccupation humaine et politique, si elles expriment la volonté de la République d’inscrire l’histoire de l’école dans le temps long des progrès de la société et si, plus simplement, elles mettent en valeur le respect dû à tous les membres de la communauté éducative, c’est très largement à votre engagement passionné qu’elles le doivent ».

M. l’inspecteur général Jacques Treffel, a servi la jeunesse de son pays, jusqu’à l’épuisement de ses forces puisqu’il est décédé subitement à son domicile, le dimanche 7 décembre 2008, au matin, alors qu’il se préparait à se rendre à Rouen, pour célébrer, une dernière fois de l’année, le bicentenaire des Palmes académiques, dans la section AMOPA de Seine-Maritime.

(Texte de l’allocution prononcée par M. Xavier Darcos, ministre de l’Education nationale parue dans le numéro 182 de « La Revue de l’AMOPA », 30 avenue Félix Faure - 75015 Paris)

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