Accueil        ASSOCIATION DES MEMBRES DE L'ORDRE DES PALMES ACADÉMIQUES
par Mme Renée OGIER,
Déléguée AMOPA au Don du livre




L'opération « Don du Livre » créée en 1992 par M. l'inspecteur général Jacques Treffel, président de l'AMOPA, a expédié en 2002 plus de 3 tonnes d'ouvrages neufs, obtenus en donation ou à tarifs préférentiels des éditeurs partenaires de l'AMOPA : Belin, Casteilla, Delagrave, La Documentation Française, Hachette, Masson. Ce sont tous des ouvrages d'actualité, scolaires ou de référence.
Une équipe de bénévoles définit l'attribution des ouvrages, et reçoit de Mme Ogier, qui pilote l'opération, les informations communiquées par les différents établissements chargés de recevoir et de ventiler les livres, elle décide de l'acheminement des colis vers les diverses destinations.
Toutes ces opérations se déroulent dans les locaux mis à disposition par M. Colpin, directeur de l'ENCPB.
Avec l'agrément du Ministre de la Défense, grâce au partenariat du Groupe École d'Application des Officiers de Marine (GEAOM), l'acheminement à travers le monde peut être réalisé.
Le capitaine de vaisseau Jérôme Régnier, commandant cette année le GEAOM et le porte-hélicoptères « Jeanne d'Arc », est assisté dans sa mission humanitaire par le lieutenant de vaisseau Mathieu Cherrière qui fut, tout au long de la préparation de l'expédition, notre interlocuteur privilégié.
Le commandant Régnier a tenu à féliciter l'AMOPA pour le soin apporté dans les formalités administratives, et l'efficacité dans l'envoi des palettes de livres.

DESTINATION DES 150 COLIS DE 20 KG (3 TONNES) CONVOYÉS PAR LE PORTE-HÉLICOPTÈRES
« Jeanne d'Arc »

Casablanca (Maroc)25 colis500 Kg
Cotonou (Bénin)25 colis500 Kg
Dakar (Sénégal)50 colis1000 Kg
La Havane (Cuba)1 colis20 Kg
Lisbonne (Portugal)24 colis480 Kg
Pointe Noire (Congo)25 colis500 Kg

Auquels s'ajoutent des expéditions directes de l'AMOPA
Corée du Sud2 colis40 Kg
Tchouvachie1 colis20 Kg
Ukraine3 colis54 Kg


Renée OGIER


LA JEANNE D'ARC ET SES MISSIONS

Le 12 décembre 2002, le porte-hélicoptères Jeanne d'Arc appareillait du port de Brest pour sa 38ème campagne d'application des officiers de marine, emportant avec lui les colis de l'AMOPA. C'est l'opération « Don du Livre », qui existe depuis dix ans.
Le porte-hélicoptères Jeanne d'Arc a été mis sur cale en 1959 et à flot le 30 septembre 1961 sous le nom de la Résolue. Admis au service actif le 16 juillet 1964, il prenait le même jour le nom de Jeanne d'Arc. D'une longueur de 182 mètres et d'une largeur de 24 mètres, propulsé par quatre chaudières à chauffe automatique d'une puissance de 40 00 chevaux et capable de franchir 7 500 milles nautiques à 15 noeuds, ce bâtiment est armé par 470 marins. Il accueille durant la campagne 2002-2003 156 élèves officiers et 40 militaires de l'aviation légère de l' armée de terre.
Ses missions sont à l'image de la sainte dont il porte fièrement le nom, tout à la fois bergère et guerrière : en temps de paix, il est bâtiment-école d'application des officiers de marine et groupement aérien d'hélicoptères de lutte anti-sous-marine, de transport et de liaison ; en temps de guerre, il devient porte-hélicoptères de lutte sous-marine et d'assaut. A ces fins, le porte-hélicoptères embarque depuis quelques années deux gazelles de l'aviation légère de l'armée de terre et deux alouettes de l'aviation navale, mais ses capacités d'emport peuvent être portées à une dizaine d'hélicoptères lourds et légers. Radars de veille air et surface, moyens de détection anti-sous-marins, équipements de guerre électronique et tourelles de 100 mm contribuent à l'exécution de ces missions. La Jeanne d'Arc ne navigue pas seule : sa « conserve », la frégate de lutte anti-sous-marine Georges Leygues, l'accompagne. Les deux bâtiments constituent alors le groupe école d'application des officiers de marine (GEAOM).
Mais la Jeanne d'Arc reste avant tout dans l'esprit des marins qui l'ont connue et de leurs familles (qui ont suivi depuis la métropole ses péripéties lointaines) l'école d'application des officiers de marine. Instituée par le décret du 12 octobre 1864 et s'appuyant sur de longues navigations et la découverte du monde, cette école a pour but de parachever la formation de marin, d'officier et d'homme des élèves dès leur sortie de l'Ecole Navale. Ils étaient auparavant directement affectés sur des bâtiments de la flotte. Destinée à l'origine aux seuls officiers de marine, elle s'est ouverte peu à peu à d'autres corps d'officiers de la marine, tels les commissaires, les médecins et les administrateurs des affaires maritimes. Elle reçoit également chaque année une vingtaine d'officiers des marines étrangères.
La Jeanne d'Arc remplit également une mission de représentation de la France. Ce rôle d'ambassadeur l'a portée à la rencontre des cinq continents, vers des contrées dépaysantes et exotiques : un rapide et nécessairement incomplet tour d'horizon des dernières campagnes fait apparaître le Pérou, les chenaux de Patagonie, le Chili, l'Argentine, le Brésil, le Maroc, l'Egypte, la Chine, l'Espagne, l'Italie, ces noeuds maritimes que sont les canaux de Panama et de Suez, le Détroit de Malacca... Faire valoir, véritables figures de proue des intérêts économiques, politiques, sociaux et culturels de la France, les escales sont attendues et souvent l'occasion de fêter des liens d'amitié profondément ancrés ou en voie de le devenir avec les pays qui accueillent le navire. A ce titre, le groupe école contribue à la défense des intérêts de la France par une triple action : diplomatie navale, aide humanitaire et soutien à la francophonie. Les soutes de la Jeanne d'Arc et du Georges Leygues sont chargées de livres, médicaments et matériel médical notamment, qui seront acheminés sans autres dépenses que les seuls frais transitaires, portuaires et douaniers. L'AMOPA, oeuvrant en faveur de la promotion de la culture et de la langue française dans le monde, se heurte parfois aux coûts de transport de l'aide qu'elle apporte, comme l'opération dictionnaires menée à Madagascar dans le cadre de la mission de coopération et d'action culturelle entre la France et les pays francophones africains l'a montré. Dans le cadre d'un partenariat étroit avec la Marine nationale, l'AMOPA a ainsi confié au groupe école pour cette campagne 2002-2003 sept tonnes d'ouvrages scolaires, qui seront remis aux attachés culturels des ambassades afin qu'ils en fassent bénéficier les écoles des pays concernés. Certes quelques contraintes techniques et politiques ont exigé une reconstruction de la campagne. Le tour du monde prévu cède par conséquent la place à une campagne dont les escales en Afrique Noire (Cotonou, Pointe Noire), promettent d'être rares, enrichissantes et donneront à la Jeanne d'Arc l'occasion de représenter la France et d'exercer sa mission humanitaire, à laquelle l'AMOPA participe pleinement.

Administrateur des Affaires Maritimes Denis



La « JEANNE D'ARC » et le FRET HUMANITAIRE


L'opération « Don du Livre » vient de clore sa dixième année. L'AMOPA vient de lancer sa onzième campagne. Cette opération maritime de défense de la francophonie est axée sur une pièce maîtresse, la Jeanne d'Arc. Ce bâtiment porte-hélicoptères de la Marine nationale possède maintenant une solide expérience dans le transport de fret. De nombreuses associations sollicitent ce mercenaire humanitaire. Son domaine d'action privilégié reste cependant la francophonie et le soutien des organismes scolaires.
La mission de formation de la « Jeanne » est bien connue ainsi que son rôle de représentation. Son soutien actif à la francophonie et à l'action humanitaire l'est moins. Pourtant, cette année, comme pour chacune de ses campagnes, elle emporte avec elle près de 50 mètres cubes de fret humanitaire à destination de ses futures escales.
Cette activité de transporteur est exercée au profit de différents organismes ou associations. Leur point commun est d'oeuvrer pour le développement d'un pays, d'une école, ou d'une région, ...
Cette année, douze organismes ont obtenu du ministère de la Défense l'accord de transport de matériel par la Jeanne. Seuls huit ont finalement pu réaliser leur projet. De vieux liens ont été consolidés avec des associations au rayonnement mondial. L'AMOPA et l'ADIFLOR (Association de Défense Internationale de la Francophonie par les Livres, Ouvrages et Revues) profitent de presque toutes nos escales. Il s'agit également de partenariat occasionnel avec des associations axées sur une escale. C'est dans ce secteur que nous trouvons les demandes les plus particulières : un cabinet dentaire à Callao, une table d'opérations à Antsiranana.
Vue de la terre, l'activité du fret humanitaire apparaît comme une opportunité de transport. Vue du bord, cette activité revêt tantôt l'appellation d'embarquement, tantôt de débarquement. En effet, ces phases de manutentions se révèlent longues et bien plus compliquées qu'il n'y paraît. Au commencement, vous trouvez une cinquantaine de palettes d'environ un mètre cube chacune sur la plage arrière de notre porte-hélicoptères. En descendant d'un pont par une échelle (il n'y a en effet pas d'escaliers sur un bateau), puis d'un autre pont par une échappée, enfin en parcourant une coursive exiguë et en franchissant une porte étanche, vous trouvez l'accès à la soute où a lieu notre embarquement. Tout au long de ce parcours, une chaîne de marins fait circuler les milles cartons de la campagne. Le rangement quant à lui est un travail de fourmi. Il faut répartir les colis en fonction des escales : les dernières escales en fond de soute. Les cartons des premières escales sont chargés en dernier pour être déchargés en premier. C'est ainsi qu'en 2002 une centaine de journées de travail ont été consacrées au fret transporté.
Le travail de transporteur et de déménageur est le prix à payer pour nous hisser à la dimension enrichissante de l'affaire. Car ce travail ne serait rester sans âme. Si voyager c'est s'instruire, se mettre au service des autres est peut-être la meilleure voie pour accéder à la connaissance de l'autre. La synergie créée par la très française loi sur les associations de 1901 offre ainsi aux marins de la Jeanne une extraordinaire possibilité d'ouverture sur le monde. Enfin, de manière plus immanente, être le messager d'une bonne nouvelle, apporter des dons, même s'ils ne vous appartiennent pas, est un rôle gratifiant. Voilà donc le salaire du mercenaire humanitaire.
« Mercenaire de la francophonie » voilà un titre étincelant comme une décoration. La moitié de notre fret est consacré à des livres en français et un cinquième à des fournitures scolaires.
Les conditions de stockage et de manutention peuvent expliquer ces chiffres. La résistance aux chocs et l'absence de durée de péremption font du papier une des matières les plus appropriées pour ce type de navigation. Qu'importent la chaîne humaine de chargement, le roulis perpétuel, les coups de vent, la chaleur des zones équatoriales que subit la Jeanne, la durée des transits et la longueur de la campagne.
Le marin sait que les meilleures escales sont en pays francophones. Il connaît la solidarité des gens de mer et sait qu'elle résonne dans les communautés francophones. Les échanges sont multiples lors des escales entre les marins et les Alliances françaises ou les écoles françaises. Tout cela confirme la richesse de l'estran culturel. La Jeanne repartira demain vers le large, laissant derrière elle quelques livres et ouvrages, répartis çà et là tout au long du rivage. Le vent dispersera le bruit des réceptions et de tous ces échanges des projets germeront.
La vocation de bâtiment-école fait que les marins de la Jeanne ont un rapport très sensible avec la jeunesse.
L'opération « Un livre pour Diego » menée en partenariat avec l'Inspection académique du Finistère, l'enseignement catholique du Finistère, le Conseil Général du Finistère et la Marine nationale peut en témoigner. Le projet est simple : les élèves des 122 collèges publics et privés du Finistère se mobilisent pour offrir, chacun, un livre à un enfant de Madagascar. La fierté de notre équipage à être impliqué dans ce projet est ici doublée car, pour une partie d'entre nous, nos enfants sont parmi ces collégiens.
Jeanne d'Arc est connue et fêtée comme une patronne de la France. La Jeanne d'Arc est connue comme étant le bâtiment-école qui sillonne les mers du monde pour la formation des officiers de marine. Un bâtiment décidément bien impliqué grâce à l'AMOPA et à d'autres associations dans le soutien humanitaire et le soutien à la francophonie. Jeanne d'Arc ne serait-elle pas aussi la patronne de ceux qui oeuvrent pour la francophonie ?

Lieutenant de vaisseau Mathieu Cherrière



LA JEANNE D'ARC ET LA FRANCOPHONIE : une action originale et méconnue

Chaque année, à l'automne, le porte-hélicoptères Jeanne d'Arc et la frégate Georges Leygues appareillent ensemble de Brest pour une campagne de cinq à six mois. Ces deux bâtiments de la Marine Nationale constituent le Groupe école d'application des officiers de marine (GEAOM) dont la première mission est la formation des quelques 150 officiers élèves qui y sont embarqués. Cette mission n'est pas pour autant exclusive et le GEAOM a également un rôle important de représentation de la France à l'étranger, notamment pour le compte du ministère des affaires étrangères. Cette fonction de représentation constitue le premier aspect de la contribution de la Jeanne d'Arc au renforcement et au développement de la francophonie, mais ce n'est pas le seul.
Le rôle diplomatique de la Jeanne d'Arc n'est pas particulier à ce bâtiment, car la Marine Nationale conserve toujours au coeur de ses missions celle de représenter la France à l'étranger. Cependant, plus qu'avec tout autre bâtiment, la France dispose avec la Jeanne d'Arc d'un outil de présence et de rayonnement exceptionnel, dont l'impact diplomatique est reconnu. Par la nature et la durée de sa campagne, le nombre, la variétés des régions visitées et l'héritage d'une longue histoire qui font de la Jeanne d'Arc plus qu'un navire de guerre presque un mythe, la France dispose de ce que l'on peut considérer comme une véritable ambassade itinérante à travers le monde. Chaque escale donne lieu à des manifestations, repas officiels et au traditionnel coquetel à bord, au cours desquels les membres de l'équipage comme les élèves sont fiers de donner la meilleure image possible de la France.
L'impact et le succès diplomatique d'une escale de la Jeanne d'Arc sont, pour une large part, fonction de l'intérêt et de l'utilisation effective du bâtiment par nos missions diplomatiques. De ce point de vue, l'expérience montre que nos représentants diplomatiques savent tirer avantage de la présence du GEAOM dans le pays d'escale, et saisissent cette occasion pour organiser des manifestations qui renforcent l'image de la France. La visite du ministre délégué au commerce extérieur et sa participation à un déjeuner officiel organisé à bord, lors d'une récente escale africaine, est venu témoigner de la reconnaissance de l'importance de la Jeanne d'Arc comme instrument de diplomatie.
Les escales des bâtiments du GEAOM témoignent de l'intérêt que porte la France aux pays visités. La campagne 2002/2003 qui a emmené la Jeanne d'Arc dans la zone Caraïbes, puis en Afrique de l'Ouest et enfin en Méditerranée a été particulièrement riche en escales francophones. Au cours de cette campagne, la Jeanne d'Arc a, notamment, fait escale à Dakar au Sénégal, à Pointe-Noire au Congo, à Cotonou au Bénin et à Casablanca au Maroc. Lors des autres escales, dans des pays non-francophones, un soucis particulier a été porté à l'accueil des communautés françaises d'expatriés, ainsi qu'aux membres des Alliances françaises et des associations qui agissent en faveur de la francophonie. Le coquetel organisé à l'occasion de l'escale de Carthagène en Espagne, a permis, par exemple, aux jeunes espagnols qui apprennent le français au sein de l'alliance française locale de mettre en pratique leur connaissance grâce aux échanges avec les officier élèves.
Mais on sait aujourd'hui, comme l'a rappelé le récent 9ème sommet de la francophonie tenu à Beyrouth, que la francophonie a pris une dimension autant politique que linguistique, et que ses frontières ne s'arrêtent pas aux seuls pays qui s'expriment en Français. L'escale de la Jeanne d'Arc au Brésil, au mois de janvier, au moment même où le nouveau président brésilien Da Silva se trouvait à Paris pour affirmer sa solidarité avec la position française dans la crise avec les Etats-Unis au sein du conseil de sécurité de l'ONU, constitue un symbole de cet élargissement de la notion de francophonie et du rôle que la Jeanne d'Arc peut jouer à cet égard.
Une autre dimension de l'action de la Jeanne d'Arc en faveur de la francophonie repose sur l'accueil de 26 officiers élèves étrangers appartenant à 22 pays différents, au sein de l'Ecole d'application des officiers de marine. Parmi ceux-ci, certains, Allemands, Koweïtiens, Egyptiens, Malgaches ou ressortissants d'Afrique noire (Cameroun, Sénégal, Togo et Gabon), ont effectué leur formation initiale en France. L'embarquement sur la Jeanne d'Arc n'est donc pour eux que la suite d'une expérience qui a commencé quelques années plus tôt.
Pour d'autres la campagne du GEAOM est le premier contact avec la marine française voire, dans bien des cas, avec la langue française elle-même. On trouvait ainsi cette année, à bord de la Jeanne d'Arc, à côté de représentants de pays francophones comme la Belgique, la Tunisie et le Maroc, un Norvégien, un Indonésien, un Indien, un Néerlandais, un Grec, ainsi que des ressortissants de nombreuses autres nations, qui ont, en quelques semaines, appris à parler français au contact des autres officiers élèves.
Les liens qui ont été tissés entre les officiers élèves français et étrangers, au cours de la campagne, comme l'expérience professionnelle acquise par ces mêmes étrangers au contact de la Marine nationale constitue, sans aucun doute, un puissant atout en faveur du renforcement de la francophonie tant sur la plan linguistique que politique.
La francophonie, c'est enfin l'esprit de dialogue interculturel et de solidarité dans le développement. La contribution de la Jeanne d'Arc au développement de celle-ci se mesure au travers de son action à caractère humanitaire et caritative. Cette année, comme les précédentes, la Jeanne d'Arc a emporté dans ses soutes près de cinquante mètres cubes de fret pour différents organismes dont le point commun est d'oeuvrer pour un pays, une région ou une école.
Parmi ces associations, l'AMOPA et l'ADIFLOR (Association de défense internationale de défense de la francophonie par les livres, ouvrages et revues) se distinguent par leur action en faveur de la francophonie. C'est pour leur compte que plusieurs mètres cubes de livres ont été transportés puis débarqués à Cuba, à la Martinique (en vue d'un acheminement ultérieur vers le Mexique), au Brésil, au Sénégal, au Gabon, au Cameroun, au Maroc et au Portugal.
Ces livres, à caractère pédagogique ou de référence, seront mis, par les services des conseillers culturels, à la disposition des alliances françaises locales pour être distribués par la suite à des établissements scolaires démunis, afin de leur permettre de constituer des bibliothèques ou des centres de documentation. Cette action est particulièrement cruciale pour certains de ces pays où l'accès au livre et à la culture en général n'est pas aisé.
Au terme de sa 38ème campagne, qui s'est achevée à Brest le 9 mai, la Jeanne d'Arc aura donc apporté une nouvelle fois une contribution importante au renforcement de la francophonie sur tous les rivages du monde. Bien que difficilement perceptible son impact n'en est pas moins réel sur le long terme et justifie pleinement l'existence du GEAOM, au delà de sa mission première de formation.

Mikael Quimbert, administrateur des Affaires Maritimes, officier élève à bord de la Jeanne d'Arc



LA « JEANNE D'ARC » SOUS LES PALMES EXOTIQUES


Pour la 14e année consécutive, l’AMOPA et le groupe école d’application des officiers de marine (GEAOM) ont monté un partenariat pour mener des actions humanitaires ciblées. Plus de 800 colis ont ainsi été distribués à des écoles dans cinq pays différents d’Afrique et d’Amérique du Sud.

L’école d’application des officiers de marine complète à la mer la formation théorique des jeunes officiers

Le porte-hélicoptères Jeanne d’Arc et la frégate anti-sous-marine Georges Leygues, les deux bâtiments qui constituent le groupe école, poursuivent cette année la 39e campagne du GEAOM autour de l’Océan Atlantique. Plus de huit cents marins auront fait le tour du deuxième océan du monde par la taille pendant cinq mois et demi entre le 2 décembre et le 19 mai. Si ce parcours et certaines de ses étapes donnent à rêver (au terme de la campagne, les deux bâtiments auront notamment fait escale au Cap, à Rio de Janeiro, à Carthagène des Indes (Colombie) ou encore à Saint Petersbourg), pour les midships le programme d’enseignement quotidien est très chargé.

L’EAOM, dont les origines remontent à 1864, a pour mission de compléter à la mer la formation théorique antérieurement dispensée aux futurs officiers de marine français de tous corps confondus (Ecole navale, commissaires, médecins et administrateurs de affaires maritimes) et à quelques cadets de marines étrangères. Aussi la formation met-elle pendant 119 jours de mer l’accent sur les travaux et les exercices pratiques, tels que le quart en passerelle ou en machine. Ces mises en situation sont l’occasion pour les midships d’exercer progressivement leur autorité et leurs responsabilités d’officier. De surcroît, sans pour autant être intégrés dans la chaîne hiérarchique, les officiers-élèves peuvent observer et s’intégrer dans le fonctionnement interne d’un bâtiment majeur de la marine nationale. Cette expérience est d’autant plus riche qu’elle se situe dans un environnement international réel. Ainsi, le GEAOM a apporté cette année son soutien aux opérations menées à Haïti.

La coopération avec les marines amies - opérations de lutte contre le trafic de stupéfiants ou entraînements bilatéraux - est également un aspect important de cette campagne, qui vise à développer l’ouverture d’esprit des jeunes officiers. La présence de midships de plus de dix nationalités différentes à bord est une autre occasion d’ouverture sur les autres marines et sur le monde. Les escales restent un moyen privilégié pour appréhender la diversité culturelle, historique et économique des pays visités. C’est dans cet esprit qu’à chaque escale il est demandé à l’Ambassadeur de France et à des personnalités étrangères de s’exprimer devant les élèves et qu’il est organisé pour eux des visites ou des activités dites de découverte.

L’école d’application est un moment décisif de la carrière d’un officier, qui connaît pendant les six mois de « sa Jeanne » une transformation radicale de sa personnalité. Les voyages forment la jeunesse : l’adage est bien connu. Il est également toujours confirmé par l’EAOM après 140 ans d’existence.

Dans les écoles d’Afrique et d’Amérique du Sud

La côte occidentale de l’Afrique, francophone, lusophone ou anglophone, aura mis en valeur le défi que représente le développement durable pour de nombreux pays. Ce fut pour les midships le temps de mener à leur terme des projets d’aide aux écoles locales dont l’organisation avait débuté depuis plus de six mois en France. Répartis en groupe de dix à vingt, les officiers élèves ont passé une journée en groupe dans différentes écoles à Dakar, à Luanda ou encore au Cap, apportant là des colis confiés par des écoles françaises, donnant ici des « cours» sur les bateaux et terminant toujours par des instants de détente avec les enfants. Par delà l’aide matérielle, l’aspect humain et durable fut le premier but recherché car l’avenir d’un pays dépend de ses écoles.

L’Amérique du Sud et l’Amérique Centrale furent des occasions de rencontre avec les Alliances françaises de ces pays. Le rayonnement de la France y est perceptible à travers l’engouement pour la langue française, particulièrement pour sa richesse littéraire. La générosité et la jeunesse des midships se sont alors portées sur les personnes vivant en marge de la société : enfants handicapés ou encore dispensaires des soeurs de la charité.

Avant leur retour à Brest prévu le 19 mai, les marins ont également longé les côtes d’Amérique du Nord avant de traverser l’Atlantique et de terminer par une brève incartade en mer Baltique.

Lieutenant de vaisseau Mathieu Cherrière













 Accueil